Ile de la Guadeloupe (visite rapide de Basse Terre) -- du 13 au 15 mars.

La route suivie est tracée en rouge.


Le volcan de La Soufrière ("La Vieille Dame")

Carte géo-tectonique du massif de la Soufrière.

La Soufrière, surnommée la vieille dame, est un volcan en activité situé dans le Parc national de la Guadeloupe, à une dizaine de kilomètres au nord de la commune de Basse-Terre et à l’ouest des chutes du Carbet sur l’île de Basse-Terre. C’est le seul volcan actif de l’île, actuellement à l’état de repos éruptif.Elle fait partie d’un ensemble volcanique composé des volcans Carmichaël, le Nez Cassé, l’Échelle, la Citerne et la Madeleine. C'est l’un des neuf volcans actifs des Petites Antilles.

Le sommet de la Soufrière, appelé La Découverte, culmine à une altitude de 1467 m. C’est le plus haut sommet de la Guadeloupe et de toutes les Petites Antilles. Son dôme prend la forme d’un cône tronqué de 900 m de diamètre à sa base. Il n’y a pas de véritable cratère, mais plusieurs bouches éruptives, des gouffres d’où s’échappent des vapeurs sulfureuses et des entailles profondes. Le paysage est rocheux et chaotique, quasi-lunaire, hérissé de pitons. Il est souvent recouvert de brumes. Plusieurs pistes balisées parcourent le sommet volcanique. C’est un volcan actif de type péléen — explosif à nuées ardentes — et de formation récente (100 000 à 200 000 ans). Son activité est marquée par des fumerolles, des vapeurs sulfureuses et des sources chaudes sur différents points du sommet. Il est le seul à être actif en Guadeloupe depuis 10 000 ans.

La dernière éruption de la Soufrière date de 1976. Elle a conduit à l’évacuation de la partie sud de la Basse-Terre ainsi que de la préfecture, soit environ 76 000 personnes. Aucun mort n'a été déploré. À partir de 1975, un certain nombre de secousses ont alerté les sismographes de l'Observatoire volcanologique. Ces secousses sont allées en s’intensifiant durant l’année 1976. Dès novembre 1975, le préfet fut averti des dangers potentiels et de la nécessité de mettre en place un plan d’évacuation. La première éruption eut lieu le 8 juillet 1976. Les séismes ont très probablement réactivé une série de failles colmatées par de vieux matériaux (argiles et roches magmatiques). Cette crise de tremblements de terre fut la cause vraisemblable de la baisse brutale de la pression accumulée à l’intérieur d'une nappe captive chauffée, telle une cocotte minute, par les gaz échappés du magma profond, provoquant la pulvérisation de roches, et la sortie de coulées de boues (lahar), de gaz acides et de vapeurs d’eau. 25 000 personnes du sud Basse-Terre évacuèrent spontanément la zone pour se réfugier vers la Grande-Terre, hors d'atteinte. L’activité volcanique continua encore quelques mois suite à cette éruption, avec d'autres coulées de boues et émissions de cendres. Le 15 août, l’évacuation totale et obligatoire du sud de Basse-Terre fut ordonnée. Elle dura jusqu’au 18 novembre 1976. Une polémique très médiatisée éclata entre les scientifiques Claude Allègre et Haroun Tazieff sur la nécessité de l’évacuation. Claude Allègre préconisa l’évacuation de la population, affirmant catégoriquement que l’éruption serait grave, alors qu'Haroun Tazieff soutint que l’éruption était sans danger, toutes les analyses d’échantillons prélevés sur le volcan établissant qu’il n’y avait pas de montée de magma frais. Le préfet décida l’évacuation quand-même mais l’éruption ne fit d’autres dommages que matériels.

Activité fumerollienne récente de La Soufrière (I.P.G.).

 

Carte "Google Earth" du dôme de la Soufrière. On y distingue clairement l'alignement des évents hydrothermaux et cratères orientés le long de lignes de fractures alignées N-S et E-O. L'intersection de ce réseau de failles est située ~ au centre/sommet du plateau sommital.

Un énorme bloc volcanique gît sur le parking déserté de la Savane à Mulets.

Ascension matinale sur le chemin des Dames vers le plateau sommital de la Soufrière à partir du parking des Mains Jaunes à 950 m. d'altitude. Le temps est couvert à ce moment là !

La Grande Crevasse est une faille régionale recoupant le massif de la Soufrière selon une direction N-S .

 

 Panneaux indiquant le plateau sommital et le sommet de la Soufrière.

Le Gouffre Tarissant est allongé à l'intersection d'un système de failles N-S et N.O. - S.E.. Un câble installé par l'I.P.G. est tendu au-dessus du cratère dégazant.

Le puissant soufflard soufré du cratère sud émet un bruit intense similaire à celui d'un moteur de jet.

Paysage vu dans le brouillard matinal. Saint Claude est à peine visible; à gauche "Nez Cassé".

La côte de Basse Terre

 

La route menant au parking terminal s'est effondrée partiellement et est sous la menace permanente d'éboulements.

La ville de Saint-Claude nichée entre Basse Terre et La Soufrière. Un arbre est couché sur une aire de repos.

Un repos et un repas sont les bienvenus à la baie de Deshaies au nord de Basse Terre !

La centrale géothermique de "Bouillante" était à l'arrêt lors de mon passage (du à une infiltration de CO2 dans le circuit d'eau chaude)

A mon retour vers Trois Rivières, il est ~ 15h, le massif de la Soufrière est cette fois bien dégagé ! Je décide de grimper à nouveau jusqu'à son sommet.

Au début de l'ascension, le dôme sommital est encore bien dégagé. Il faut se dépêcher ! De gauche à droite, les édifices de Nez Cassé, de la Soufrière et de l'Echelle.

Le temps change très rapidement ! Les nuages menacent ... A gauche, le cône égueulé de l'Echelle

Début de l'ascension qui nécessite environ 1h30 à partir du parking des Mains Jaunes où se trouvent des bains d'eau chaude. L'étroit chemin pierreux débute au parking de la Savane à Mulets à 1143 m. d'altitude (à droite, le col de l'Echelle).

L'ascension terminale s'effectue dans un paysage de savane montagneuse tropicale.

Le plateau sommital déchiqueté se rapproche. La Grande Faille est bien visible à présent.

Ciel bleu et nuages jouent à cache cache.

Le plateau sommital, entaillé de ses trois cratères hydrothermaux, se découvre partiellement -- Le Gouffre Tarissant dégaze.

La fissure du Gouffre Tarissant. En dessous, le cratère Dupuy est inactif. En haut à gauche, on distingue les fumeroles du cratère Sud.


Le fond du cratère Dupuy localisé à côté du Gouffre Tarissant vus respectivement l'après-midi et le matin.

Le cratère sud est tapissé de soufre et exhibe une bouche libérant un puissant jet gazeux bruyant accompagné d'un bruit assourdissant.

 

Le fond du cratère sud est tapissé de soufre natif.

L'évent de dégazage est tapissé d'un beau soufre natif jaune et émet un intense bruit continu de moteur de jet.

Un équipement de surveillance volcanologique de l'I.P.G. est installé à proximité du cratère sud -- Un autre petit cratère dégaze à quelques mètres au nord du cratère sud.

L'extrémité nord du rebord, tapissé de soufre, du cratère sud.

La Grande Faille vue sous un ciel dégagé !

Panneaux commentant la surveillance du volcan.

Cône adventif strombolien ("La Citerne") du massif de La Soufrière

Le sommet déchiqueté du plateau sommital vu au couché de soleil.

Retour au parking de la Savane à Mulets et vue sur le de cône de l'Echelle. La nuit sera bonne !

Lire l'histoire géologique du complexe de la Grande Découverte - Soufrière sur le site de l'IPGP


La zone centrale de Basse-Terre est quasi inhabitée, c'est une région préservée (Parc Régional des Mamelles).

Le Col des Mamelles sur la route traversant de part en part Basse Terre - La petite cascade des Ecrevisses nichée dans la forêt tropicale du centre de Basse Terre.


Vues aériennes et au sol de la Soufrière ; site perso d'Alain Catté

La Soufrière par Thierry Sluys en avril 2007.