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Le BATUR (Bali) : du 3 au 4 août

 

Le volcan Batur, qui a été le siège de nombreuses éruptions historiques, est situé au centre de deux calderas concentriques au N.O. du volcan Agung. La caldera externe, large de 10 x 13,5 km, s'est formée au cours de l'éruption du dépôt ignimbritique de Bali (ou Ubud) il y a d'environ 29.300 ans. Elle est à présent occupée par un lac de caldera sur son bord S.E., à l'opposé du cône satellite Gunung Abang haut de 2152 m. qui marque le point le plus élevé du complexe volcanique du Batur. La caldera interne, large de 6,4 x 9,4 km, s'est formée il y a environ 20.150 ans au cours de l'éruption ignimbritique du Gunungkawi. La paroi S.E. de la caldera intérieure s'étend sous le lac Batur. Le cône du Batur s'est édifié à l'intérieur de la caldera interne jusqu'à une hauteur dépassant à présent la bordure de la caldera périphérique. Le strato-volcan Batur, haut de 1717 m., a donné naissance à des bouches disséminées sur une grande partie de la caldera intérieure. Un système de fissures N.E.-S.O. a abouti à l'ouverture des cratères Batur I, II et III le long de la crête sommitale. Les éruptions historiques ont été caractérisées par une activité explosive faible à modérée quelques fois accompagnée par l'émission de lave. Historiquement, la lave basaltique émise des deux sommets et d'évents latéraux ont atteint le fond de la caldera et les berges du lac Batur. G.V.P.

M.N.T. (DEM) de la caldera du Batur où sont superposés les points GPS de l'hôtel et du sommet de la crête sud du cratère.


A partir de la petite localité de Kubutambahan, il faut virer à gauche vers le S.O. pour prendre la direction de la ville de Kintamani bordant la caldera du Batur à l'ouest. La route asphaltée s'élève d'abord légèrement tandis que le temps change petit à petit en fonction de l'altitude. Des nuages font leur apparition et la pluie commence même à tomber. C'est d'abord un crachin puis une pluie franchement tropicale qui rafraîchit la forêt. La route devient très sinueuse et étroite. Me retrouvant rapidement derrière un camion très lent, je suis obligé de le suivre durant des kilomètres au fil des nombreux lacets de la route. Profitant d'une des rares courtes portions de route relativement rectiligne, je vais pouvoir le doubler et me retrouve rapidement derrière un autre véhicule lent, une camionnette cette fois. La route serpente dans une forêt tropicale humide où bananiers et flamboyants se côtoient. Dommage que le temps soit si maussade ! Les routes traversant les petites communautés balinaises sont ceinturées par des portiques monumentaux d'inspiration architecturale hindouiste. Le bord du macadam est ponctué de petites échoppes et temples sympathiques. La route me semble longue et sa déclivité est de plus en plus forte. J'arrive finalement au col où débute la descente rapide vers Kintamani et le Batur. La traversée de Kintamani est rapide étant donné que cette ville ne présente aucun intérêt particulier. Je remarque juste un grand nombre de restaurants le long de la route du côté de la caldera du Batur dont le complexe de cônes sommitaux est enveloppé partiellement de nuages gris épais. En sortant de la voiture, l'humidité et la fraîcheur de l'air d'altitude surprennent quelque peu. A quelques kilomètres en contrebas de la ville se trouve un point de vue sur le lac et l'ensemble des cônes récents du Batur. Je m'y arrête et me fais rapidement interpellé par un jeune motocycliste qui désire m'emmener à un hôtel. Sur l'instant, je ne comprends pas trop bien un tel dévouement. Il me précède avant de s'immobiliser sur le parvis d'un hôtel situé approximativement au milieu de la descente vers le lac. N'étant pas intéressé par cet hôtel, étant donné qu'il est trop éloigné du lac et que les chambres sont trop distantes de la réception, je remonte dans le véhicule. Au bas de la descente, le motocycliste vire à gauche, en direction du volcan, et s'arrête quelques dizaines de mètres après le carrefour. Deux hôtels de même catégorie bordent la route. Mon choix se porte sur le second qui semble un peu plus propre. A présent, je vais comprendre le but ultime de mon guide motocycliste. Il ne tarde pas à me proposer une excursion matinale au sommet du Batur pour une somme de 400.000 Rupiah (~35 €). Je lui signale ne pas être intéressé par le volcan dans l'immédiat et le laisse s'en quérir d'autres cibles touristiques potentielles. A peine installé à l'hôtel, je me fais littéralement harcelé par une dame qui vante ses services de masseuse balinaise et ensuite par un peintre sur tissu. Bien fatigué après le trajet routier qui m'a amené de Sempol (Java Est) à cet endroit, soit plus de 200 km parcourus, je ne demande pas mon reste et m'engouffre dans la chambre pour y prendre une douche tiède. Revigoré, je traverse la route afin d'aller m'imprégner de l'ambiance tranquille du lac Batur au coucher de soleil. Un succulent "sate ayam" (brochettes de poulet à la sauce arachide), arrosé d'une petite Bintang fraîche, mettront un point final à cette longue journée de conduite.

Le lendemain, je décide d'emprunter la route qui longe le lac sur sa bordure nord. J'atteins Songan, à l'extrémité N.E. du lac, où suis surpris dans un embouteillage monstrueux, causé par une dizaine de camions transportant des matériaux volcaniques extraits d'une carrière de la région. Tous ces camions ont bien l'intention d'emprunter le même virage, en même temps, dans une petite ruelle de la cité de Songan B. Un motocycliste m'empêchant de faire demi tour, je commence quelque peu à m'énerver et demande au chauffeur de l'un des camions de mettre de l'eau dans son vin en reculant quelque peu. Finalement, j'arrive à mes fins et fais demi tour en promettant de ne plus m'engager dans un tel labyrinthe de ruelles étroites. Au retour vers Kedisan, je distingue une étroite route asphaltée en direction du Batur et décide de la suivre. Parvenu rapidement à un temple où une dame et son enfant déambulent dans la cour intérieure, l'enfant curieux s'approche et me regarde enfiler les chaussures de trekking. M'éloignant du temple, je me perds rapidement dans un dédale de petits chemins semblant mener chacun à une habitation en bois et décide de revenir à la voiture. A ce moment, un homme surgi de nulle part court vers le véhicule. Il porte un sceau rempli de boissons et dit redescendre du sommet du volcan. Lui ayant proposé de l'emmener sur la route du lac, je le dépose dans une petite communauté qui abrite plusieurs maisons de guides. A peine parvenu sur la petite place, je suis interpellé par un guide, affichant son badge de guide officiel du Batur, afin de monter au sommet du Batur. Cependant, je n'ai nullement l'intention de me faire accompagner pour l'ascension. Je tiens à grimper dans le silence et en toute liberté sur un volcan où le danger est quasi inexistant. La montée s'effectue en ligne droite à partir de la cour de l'école en empruntant d'abord un sentier de cendre parmi les habitations. Une fois de plus, je me perds quelque peu au milieu de la forêt dans les multiples sentiers serpentant à mi pente. Dès la sortie de la forêt de pins, la situation s'éclaircit rapidement. Il suffit de grimper tout droit sur la roche rougeâtre jusqu'au sommet que je distingue à présent nettement. En l'absence d'abri offert par la forêt, la chaleur est de plus en accablante et rehaussée par la réverbération des rayons du soleil sur la roche volcanique altérée claire. Après une heure, je commence à distinguer une cabane en bois perchée sur la crête du cratère et m'arrête, de plus en plus fréquemment, pour boire et profiter d'une courte récupération ! Il est temps que cette ascension à l'arrachée se termine ! J'arrive finalement au niveau de la cabane. Là- haut, la température est relativement clémente et le vent frais fouette agréablement les pommettes. Je distingue des zones de légères fumerolles émanant des parois internes du grand cratère sommital. Du sommet, le panorama sur le lac est superbe. La descente le long de la crête du cratère vers son point le plus bas est rapide et amusante. Après avoir contourné un abris proposant des boissons chaudes, je poursuis vers le pied du cône avant de reprendre la route vers l'hôtel pour une courte sieste .

En début d'après-midi, je reprends la route afin de prendre la direction du petit village de Trunyan, un des rares villages encore authentiquement balinais. La route s'est effondrée à quelques kilomètres au sud du village et empêche tout passage de véhicules à quatre roues. Il faudra poursuivre à pieds. Après une heure de marche sous un soleil de plomb, je parviens enfin au village de Trunyan où suis rapidement interpellé de toutes parts afin d'aller visiter le cimetière en compagnie d'un guide spécialisé. Ayant lu que ce cimetière était en quelque sorte un attrape touristes, je refuse toutes les propositions de visite et poursuis la route vers le centre du village. Ce village, bordant le lac Batur, est constitué d'un ensemble de petites maisons assez charmantes, malgré les toits en tôle rouillée, dont chacune abrite un temple hindouiste. Les enfants s'amusent en pataugeant au bord du lac. Les habitants sont apparemment curieux de voir un étranger se balader seul dans leur petit village fleuri. Comme souvent, ils me demandent mon nom et ma provenance ? Après une rapide visite, je remonte lentement la route qui borde la falaise rocheuse le plus souvent recouverte de végétation. Par endroits, la roche dégagée, appelée affleurement, exhibe de belles structures géologiques telles que des dykes et des failles. Les instincts du géologue reprennent rapidement le dessus et me poussent à examiner plus en détails la falaise malgré l'heure assez tardive. Après ces observations instructives, je rentre à l'hôtel.

Aujourd'hui 4 août, je décide de quitter la région du Batur afin de descendre à Ubud et d'y revoir Daniel accompagné de ses deux filles et de sa compagne Dominique. Dès l'arrivée dans la petite ville devenue très touristique, je lui envoie un SMS (texto en Français) pour lui signaler ma présence à Ubud. Il me donne rendez-vous dans un restaurant de la petite cité vers 12h30. D'ici là, j'aurai le temps d'aller randonner dans la fameuse "Monkey Forest" où les macaques font toujours autant la loi. Mon dieu que ce lieu a changé depuis 21 ans ! C'est devenu un endroit hyper touristique où les repas et bains des singes sont devenus les attractions phares. Je profite de l'atmosphère fraîche de la forêt humide pour déambuler au gré des sentiers et des temples. A l'entrée d'un des plus grands de la zone, je suis interpellé par un homme qui rappelle l'obligation de porter un sarong (pagne à vocation religieuse) avant de pénétrer dans le temple. Il demande aussi, avec insistance, d'effectuer une donation destiné aux Dieux balinais. Le temple est en rénovation partielle et l'ambiance y est d'une sérénité particulièrement impressionnante. Au détour d'un escalier, je croise un vieil homme qui récupère de l'eau de source sous un rocher. Il souhaite m'emmener dans son atelier de sculpture mais c'est de l'autre côté de la ville qu'on m'attend. Après avoir pris congé de tout ce petit monde, je me dirige vers le restaurant "Three Monkeys" où attendent Daniel et sa petite famille. C'est la première rencontre avec la petite tribu féminine de Daniel alors que je connais bien son beau fils, Antonin, qui n'a malheureusement pas pu nous accompagner cette fois. Nous discutons à bâtons rompus autour d'un hamburger/pommes frites et de plusieurs bouteilles de Bintang. Je raconte bien sûr, avec enthousiasme, les expériences du Kawah Ijen. L'après-midi sera consacrée à la visite d'une exposition de bonzaïs ainsi qu'à un atelier peinture et danse où les tempéraments féminins pourront s'exprimer pleinement. Après avoir pris congé définitivement de Daniel et de son petit clan féminin, je reprends la direction de l'hôtel situé à 2 km de là et me jette avec grand plaisir dans l'eau tiède de la piscine. Un copieux repas, une bonne nuit de sommeil et me revoilà reparti vers Sanur où je passerai une dernière journée à Bali avant de prendre l'avion vers Manado au Nord de la grand île de Sulawesi (Sulawesi Utara). Ayant débarqué assez tôt à l'hôtel, j'y laisse mes bagages avant d'aller marcher sur la fameuse plage très fréquentée de Sanur. Il y a bien trop de touristes à mon goût. Je décide donc de rentrer à l'hôtel avant de me remettre en route vers le N.E. de Bali, à destination finale du port d'embarquement vers Lombok, Padangbai Harbour. Il fait chaud et la circulation est une nouvelle fois très dense. Je m'arrête quelques instants sur une plage de sable noir où les rouleaux sont spectaculaires avant de poursuivre la route vers Padangbai Harbour. Un petit tour sur le port, un coup d'oeil sur l'arrivée d'un ferry-boat en provenance de Lombok et je repars en fin d'après-midi vers l'hôtel à Sanur.

Aujourd'hui jeudi 6 août, je quitte l'hôtel à 6h30 pour aller restituer le véhicule de location. André m'attend à son agence. Il m'a gentiment proposé de m'emmener à l'aéroport international Ngurah Rai au volant de la petite Suzuki qui aura parcouru, durant 8 jours, 900 km. J'ai été satisfait de ce petit véhicule suffisamment puissant pour grimper des pistes à peine carrossables. Il fallait juste s'accoutumer au système de freinage qui présentait une assez grande inertie. A 9h, un vol Garuda m'emmènera à Manado (N.E. Sulawesi).


Temple balinais au bord de la caldera du Batur

Vue sur l'imposante caldera du Batur et une partie de son lac.

Le complexe des trois cônes récents du Batur

A gauche, l'hôtel est à quelques encablures du lac.

Le Batur vu au coucher de soleil de l'hôtel.

Le lac Batur sombre dans l'obscurité.

Le cône principal du Batur vu de l'hôtel au lever du soleil.

Le cône principal du Batur est troué au sommet par un profond cratère en entonnoir.

Un temple au pied du Batur.

Un des nombreux sentiers aboutit à cette maisonnette.

Le panorama sur la lac Batur est surperbe.

L'ascension en ligne droite du cône terminal du Batur.

Le cratère du cône principal du Batur.

Vue vers les berges habitées du lac Batur.

La partie sud du lac Batur et la paroi de la caldera interne.

Les flancs internes du cratère principal émettent encore localement de la vapeur d'eau.

Le fond du cratère est colmaté par des éboulis rocheux.

Hornito sur une coulée basaltique du Batur.

Le petit temple qui marque le début du sentier d'accès au sommet du Batur.

Le cône du Batur se couvre de nuages en début d'après-midi.

En route vers le petit village de Trunyan.

Les rizières intercalées entre la paroi de la caldera et le lac.

Le complexe de cônes du Batur trône en face de Trunyan.

Le petit village de Trunyan est abrité dans une crique du lac Batur.

L'étroite route asphaltée qui mène à Trunyan

Trunyan est un village authentiquement balinais. Les maisonnettes sont néanmoins équipées d'antennes de télévision extérieures.

Vue vers la partie nord du lac Batur.

Dykes basaltiques, altérés en surface, dans la paroi interne orientale de la caldera du Batur.

Sur la route de retour vers Kedisan.

Cabosses et arbustes à piment rouge.

Les enfants sont souvent amusés et curieux au passage des visiteurs.

Heureusement qu'il est interdit de doubler !

La route de Trunyan est en voie de réfection.

Le cône du Batur et les rizières sur la berge orientale du lac Batur.

Le sommet de l'Agung émerge par-dessus la paroi boisée S.E. de la caldera du Batur.

Le lac Batur au pied de l'hôtel.

C'est quasi la pleine lune !

La bien dénommée forêt des singes ("Monkey Forest") à Ubud.

Le macaque d'Ubud dans sa forêt humide.

Un banyan , arbre tropical souvent spectaculaire !

Un temple est dissimulé dans la forêt humide bruyante d'Ubud.

Le temple où le port du sarong est obligatoire. Il y a un type destiné aux femmes et un autre aux hommes.

Bas relief ciselé très raffiné et multicolore sur le mur rénové d'un temple.

Nénuphars en pagaille.

Hôtel avec piscine bienvenue sous un soleil de plomb.

Les offrandes aux dieux balinais ont lieu trois fois par jour.

La plage touristique de Sanur.

La petite piscine de l'hôtel à Sanur.

Une plage de sable noir au S.E. de Bali balayée régulièrement par de puissantes vagues.

Le ferry-boat en provenance de Lombok.


Photos © Alain Melchior/Alino; août 2009.

Circuit sur les volcans indonésiens en 1988